07.01.2009
Etant gluant (je vous demande de revenir)
Je suis mauvais. Je suis pathétique. Je suis englué, ma tête est embuée, mon regard est vitreux. J’ai mal aux yeux, j’ai mal au cœur. Sur un fond de concerto de Bach, mes bras tremblent, ma chair est grise et j’ai froid aux membres. Je suis assis depuis des jours, à contempler la profondeur du vide que tu laisses, alors reviens.
J’ai sauté par-dessus la rambarde, et mon âme est restée bloquée à attendre que tu la touches, tout en haut. Mon cerveau même, est resté coincé au dernier moment où tu étais dans mes bras. Il n’accepte plus de penser plus loin. Il tourne depuis des jours dans une boucle infinie où, à chaque tour, il vérifie ta présence, et la pose comme condition ferme pour reprendre vie. Allez, reviens.
Je n’attends pas de sauveur. Je n’attends pas de faveur. Je t’attends simplement, car mon imagination n’a pas d’odorat, et que ton odeur huile mes rouages. J’ai des visions métalliques, j’ai des visions informatiques et je touche encore le froid. Tu ne le vois pas ? Il n’y a pas de vie quand tu n’es pas là. Reviens, tu veux ?
Je te vois mais je ne te sens pas. J’essaye de retenir dans mon minuscule brin de mémoire l’illusion de ta peau sous ma main, mais j’échoue à chaque fois. Je régresse. Mon cerveau ralentit. J’oublie. Je ne sais plus que faire de ma masse. Je prends de mauvaises manies et de mauvaises odeurs. Je suis comme un étang dormant, vert et gluant, que même les plus affreux crapauds ont déserté. Non. Je ne sais même pas comment je suis. Je ne veux même pas le savoir. Je ne peux d’ailleurs pas savoir. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas. Me revoilà encore, à dire et à redire. Je te prie de revenir.

Comme par un élan magique, par une énergie cosmique, je me sens revivre à ton approche, mes sens captent tes ondes, mon cœur commence à battre fort et le sang recommence à circuler dans mes veines.
Je suis là.
Tu ne tarderas pas.
04:50 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
05.11.2008
Le lac gelé (Danse à trois temps)
Un
Le grenier baignait dans une douce pénombre. Les souvenirs étaient tous ici, entassés, enveloppés dans un écrin de poussière grise dont les minuscules particules flottaient dans l’air, esquissant le rai de lumière qui tranchait le vide pour venir réchauffer mon visage. Je pouvais ici toucher tout le passé. Je pouvais enfin me rappeler d’eux et d’elles. Je pouvais leur parler, les prendre dans mes bras, les aimer…
Sans que je puisse savoir comment ni pourquoi, le vieux tourne disque usé qui trônait sur la table centrale se mit à jouer un air de jazz. La voix de Louis fredonnait un « Heaven… I’m in heaven… and my heart beats so that I can hardly speak…”. Je frissonnai.
C’est là qu’elle ouvrit la porte.
Connaissez-vous ces rêves où tout paraît tellement réel qu’on ne se doute pas un instant que ce soit une illusion ? Ces rêves où, couchés dans votre lit, vous voyez votre chambre, votre porte s’ouvrir, où vous pouvez voir quelqu’un venir vous voir, sans que vous ne puissiez bouger, sans que vous ne puissiez dire un mot. Ces rêves dont vous finissez par sortir, pour retrouver votre chambre exactement comme vous l’avez rêvée ?
« Bonjour», lui dis-je. Je ne la connaissais pas, mais j’avais tout de même la certitude que d’une manière où d’une autre, nous étions très intimement liés. Mieux encore, nous nous aimions. Le fait de la voir et de ressentir ces battements violents au sein de mon être ne fit que le confirmer.
Elle se tenait debout sur le seuil de la porte, et elle me regardait. Elle me sourit et je vis dans ses yeux une phrase que je ne suis pas prêt d’oublier : « Mets la musique plus fort ».
Deux
- Dis donc, tu n’as pas froid ?
- Non, je me sens bien.
- Ca caille pourtant.
- Tu as froid toi ?
- Oui un peu.
- Viens, viens, approche-toi de moi. On est presque arrivés.
Trois
Debout devant le lac gelé, nous contemplions le paysage qui s’étendait devant nos yeux. A perte de vue, s’étendait une forêt enneigée. Nous commençâmes une course effrénée dans l’étendue de glace. Nous criions, nous riions. Elle qui me courait après, me tenait parfois la main pour m’arrêter, me retourner, m’embrasser. Elle avait ce sourire qui ne la quittait plus depuis une semaine maintenant. Elle voulait que ça arrive. Elle voulait que ça se passe.
L’hiver passé, nous revînmes au même endroit, nous nous baignâmes et nos corps nus se délectèrent de la douceur de cette même eau. Nous ne faisions qu’un alors. Je regardais ses cheveux mouillés, je regardais chaque goutte d’eau perler sur sa peau blanche, comme si le temps s’était arrêté Un
« Cheek to cheek… Cheek to cheek … » dans le grenier. Nous étions allongés sur le parquet et je ne pouvais plus dire un mot. Elle ne disait rien non plus Deux – Oublie pas d’appeler pour ton boulot, et rapporte du pain Trois « Prends-moi dans tes bras. Fais-moi », me dit-elle Un Quelqu’un frappait à la massive porte en bois, et elle me regarda d’un air inquiet Deux –Je t’aime –Je t’aime aussi mon cœur Trois (gémissements) Un (Craquements et bruits de bois) Deux – Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi Trois Nous admirâmes en silence ce splendide coucher de soleil Un Deux Trois Un Deux Trois Un Deux Trois…

14:46 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
31.10.2008
Leçon de musique pour matheux - Part II
Oui... Le deuxième épisode qui vient 3 ans après le premier ce n'est pas vraiment très fréquent. Mais bon... trop de choses à faire... je te raconterai plus tard.
Disclaimer : Ce post est a little bit complexe. Pour comprendre le principe faut être curieux et patient, ou optionnellement musicien ou matheux, ou les deux, ou tout en même temps. Et surtout, être au moins OUVERT à la musique de Tool. A la fin ça peut donner un truc sympa.
Alors donc bon... Une deuxième leçon de musique pour matheux. Après le petit "Shrink and grow" du Fatal tragedy de Dream Theater qui, comme son nom l'indique, rétrécit puis grandit, on va s'attaquer ici à du lourd. Du plus complexe. Du pur génie oui, mais ils sont quand même un peu timbrés les gars. Je parle ici de Tool, et de leur énorme Lateralus. Pas l'album, la chanson.
Lateralus, prévue initialement pour s'appeler 9-8-7, pour des raisons que l'on va détailler ultérieurement, est une chanson qui parle de spirales (hein? on peut dire que c'est ça en gros). C'est en quelque sorte une métaphore pour dire qu'on peut sortir de son corps pour grandir dans je ne sais quelle dimension au-delà de tout, à travers l'esprit (timbrés je vous dis). Donc la chanson parle de spirales :
Extrait (tu peux zapper si tu veux):
I embrace my desire to
I embrace my desire to
Feel the rhythm, to feel connected enough to step aside and weep like a widow
To feel inspired to fathom the power, to witness the beauty,
To bathe in the fountain,
To swing on the spiral
To swing on the spiral
To swing on the spiral of our divinity and still be a human.
Autre extrait (tu as pas zappé?):
And following our will and wind we may just go where no ones been.
Well ride the spiral to the end and may just go where no ones been.
Spiral out. keep going.
Mais ce n'est pas le plus intéressant ici. Le meilleur, c'est que la chanson EST en spirale. Une ptite spirale qui grandit, rétrécit, grandit, et finit dans un océan infini. Oui! Ce n'est pas pour rien qu'ils passent des années à faire leurs albums.
Lateralus, en gros, c'est ça :

I embrace my desire to
Feel the rhythm, to feel connected enough to step aside and weep like a widow
To feel inspired to fathom the power, to witness the beauty,
To bathe in the fountain,
To swing on the spiral
To swing on the spiral
To swing on the spiral of our divinity and still be a human.

(Tool - Lateralus - Lateralus (2001))
01:58 Publié dans Auriculo | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09.10.2008
Raspberry atonement (1,2,3)
~~~

Réparation. Recouvrement. Regain au parfum de framboise. Aspiration. Savon fruité. Bonbon au parfum de framboise. Ré^parâ^tion. Recouvrement. Inondation. Aspiration. Respiration. Respiration. Pluie. Cumulus. Pluie. Cumulus. Soleil. Sensation. Réparation. Recouvrement au parfum de framboise. Ambition. Amie. Mie. Savon bleuté. Bonbon chocolaté aux éclats de framboise. Tekhou. Tra. Tmess. T'vis. T'live. T'lebst. Un, deux...
Trois!
14:27 Publié dans Machina | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.10.2008
41
Clown, pour que tu souries. Magicien, est-ce que tu t'ennuies? Musicien, pour que tu danses. Philosophe, pour que tu penses. Psychologue, pour te comprendre et ton père, pour tout t'apprendre. Aragorn pour que tu trônes, mais que veux-tu que je donne? Salaud pour renouer? Humble pour avouer? Hannibal! Pour te conquérir. Animal! Pour te faire b-b-BON-dir! Pour te prendre polyglotte! Pour te surprendre. Millionnaire pour couvrir ta tête, suis-je bête, visionnaire pour t'ouvrir le chemin, veux-tu me donner la main? Bernard Pivot, pour la dictée, la mère Esso pour la becquée. Un bouclier en titane, anti-tout, anti-toi, pour toi, pour tout. Laisse-moi réfléchir... Un ouragan pour effacer, un baume pour ton cœur glacé. Non non... Ccccomédien ! Pour les jeux de rôle! C’est tellement drôle, tellement excitant. Un titan pour te créer l'ombre, pour la sérénité, pour la quiétude pour le… Photographe ! Pour ton meilleur jour. Absent, Ô mon amour ! Loin de ce regard triste. Artiste oui ! Simplement pour te plaire, pour garder ce mystère dois-je dois-je parler ? Ou dois-je me taire ?
Rocco pour la bite, sirocco pour la sueur sois donc maudite, rancœur ! Au diable moi et mes ardeurs ! Au diable toi et ta douleur !
Démon violeur, ange purificateur ? Sur ton horloge dis-moi, dis-moi l’heure. Ponctuel, pour ne point te faire attendre et tellement en retard pour laisser le désir te prendre Ô toi. Une contradiction que je devrais être Ô toi et ton paraître. Tellement amoureux tellement détaché, tellement brutal tellement tendre, tellement tranchant tellement flexible. Tellement ici, tellement ailleurs. Tellement d’ailleurs.
41 sur le champ de bataille. Compte bien tout ce beau monde. 41 sur le champ de bataille. Quarante et un.

00:19 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
28.09.2008
Introsens
Si je devais vraiment dire quelque chose, je ne dirais quand même rien.
22:55 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.09.2008
L'éveil
Ce sont ses premiers mots :
"aaaaaaa1aaaaaaa14aaaaaaa13aaaaaaa5aaaaaaaaaa5aaaaaaa22aaaaaaa15aaaaaaa12aaaaaaaaaa9aaaaaaa. Dix dans l'espace et sept accrochés. La première est un boulet. Je recule dans mon sentier mais je sais toujours parler anglais."
Je n'ai rien compris.
03:16 Publié dans Zurkum | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Donne
Donne-moi du pain.
Donne-moi le sein.
Donne-moi du tien.
Donne-moi ta main.
Donne-moi un regard.
Donne-moi un sourire.
Donne-moi un soupir.
Donne-moi un espoir.
Donne-moi gémir.
Donne-moi choisir.
Donne-moi ravir.
Donne-moi un chien.
Donne-moi un rien.
Donne-moi du bien.
Donne-moi du tien.
Donne-moi ton père.
Donne-moi du fer.
Donne Gabriel.
Donne Azraël.
Donne galipette.
Donne pirouette.
Donne-moi frémir.
Donne-moi dormir.
Donne-moi le choix.
Donne-moi de toi.
02:47 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2008
Cacophonie du mercredi (Luna!)
Les fleurs et le bruit de l'eau. Un gigantesque dôme doré, des portes dorées, des rêves dorés et son odeur. Soothsayer dans mes oreilles and he's calling me. La maternouille les prend toutes aux tripes à un moment ou un autre et elles commencent à faire du whoopi en se dandinant comme des ovules fécondés. Il n'y a pas de voitures. Pas de voitures. Juste une ambulance qui crie dans mes tympans et qui me rappelle ce goût de vomi. La douche a été froide ce matin. J'ai demandé à la luuuuneuu, de faire quatre petits tours pour la chance. Les anneaux argentés sur la craie qui m'efface se nouent comme des serpents de glace sur mon larynx et m'obligent à réchauffer le jet d'eau, à augmenter sa puissance sur mon cou. Fégaffégaffégaffégaffe... Je ne sais pas comment faire gaffe au fait... Faire gaffe je veux bien, mais côté fesajgaff je ne suis pas vraiment très bon. A chacun son talent.
Allez 20 heures. Le soleil est presque couché. Tout le monde peut manger maintenant ! Allez tous à vos fourchettes. N’oubliez pas le slurp rituel à chaque gorgée de soupe, et le slurp rituel quand le jaune d’œuf dégouline au crac de vos dents sur la pate triangulaire. Yummy !
Ting ! Clang ! Tac ! Slurp slurp ! Ting ! Clang ! Tac ! Rokrokrok .. slurp ! Cracslurp!
Ca donne faim tout ça.
Où en étais-je ? Les fleurs les fleurs et la guerre entre oiseaux démoniaques, hideux et boiteux pour une miette de pain. Le bruit le bruit de l’eau et son odeur. J’ai demandé à la luuuneuu, de me dégoter un trèfle à sept feuilles (comme celui de Phillip J.) vite fait, pour la chance.
Tirara… tom… Mercenario ! Un petit clin d’œil épique dans cette soirée terne. Un cheval et un retour victorieux après une très (TRES) dure bataille. Le bout de la tour Eiffel apparaît derrière les bâtiments tel un gland au bout de la main masturbatrice. J’ai abandonné mon cerveau à mon cœur, qu’il s’en occupe l’enfoiré, je ne veux plus avoir affaire à cet étrange organe.
No mother fucking scars on the baby face. No scars. No scars. No scars.
Bon… Soyons sérieux un moment. Les ailes de l’ange poussent sur mon dos éraflé de coups de fouet. Je suis étonné. Je suis hébété. Je regarde avec attention le sourire de la Joconde. Je regarde avec attention les sursauts de la femme aux six visages, et je demande à la lune de me trouver un truc à manger, parce que j’ai faim, parce que finalement je suis peut-être un être humain.
Sur ce, bisous.

21:14 Publié dans Machina | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.09.2008
L'air d'excitation ton sur ton (de vous)
Un amour-enfant. Tout le temps. C'est ce qui crée la sensation. C'est ce qui fait que nous vibrons et sursautons. C'est ce qui fait que vous pleurez, mademoiselle, de ne rien comprendre aux sentiments. Le but n'est pas de vous séduire car je ne puis davantage me languir, de vous. Un amour-adolescent? Pourtant, je ne pense pas être adepte des mots avec du bleu dedans, j'y préfère largement le cynisme du monde gris, du monde terne, ton sur ton. En traits noirs je vous dessine, en notes aigues je vous chante un air d'excitation, de cette soif intense, de vous.
Un amour-adulte, un amour grand. Tel est l'épicentre du soupir. Mieux vaut ne plus en rire, ne plus rien en dire. Mieux vaut se taire et simplement ressentir la chaleur absente de vous. Mieux vaut attendre, mieux vaut sourire et laisser parler le médisant. Grand. Mademoiselle, esquissez donc un sourire! Le temps l'exige. Le temps l'exige de vous.
Souriez donc.
16:46 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.09.2008
20 kilomètres à l'ouest
Cinq ans d’errance dans le désert de Kalandra. J’ai marché nuit et jour, sans cesse, sans répit, sans ressource aucune. Je n’avais que peu de vivres et point de monture.

Cinq années se sont écoulées depuis que je quittai Udrel, cité infernale qui m’a vu naître. Je ne peux que m’en rappeler encore. Dans l’hystérie collective, je fus porté par des dizaines de bras velus vers la porte massive de la cité. Maître Ambigual me donna une mission dont je ne devais que revenir victorieux. Udrel, berceau de lave et de cendres, Udrel, je ne reviendrai jamais.
Je devais marcher vers la terre des Hommes, tel était mon but. Je n’avais pour objectif que de voir les mille lumières du pays de gaîté, pays de la vierge dorée, Tendir, terre des humains.
Je gardai en tête les enseignements du temps et je les utilisai pour compter. Je comptai le nombre des années sans me soucier de leur poids. Du blanc commence maintenant à percer ma capiscoque, pour la recouvrir des vestiges du temps passé.
En l’an un, je courais encore, fort de ce que m’a appris maître Ambigual, fort de mes ambitions encore fraîches, fort de ma soif de voir la tour de Tendir jaillir de nuit, telle un monument à ma gloire, ahurissant de beauté, au beau milieu du désert.
En l’an deux, je me rendis compte de la présence d’Angzu, démon du nord des vastes terres d’Udrel, à l’intérieur de moi. Angzu, chétif être brun aux crocs acérés, avide de sang et de mort, s’immisça par la brêche qu’ont ouverte la faim, la soif et la fatigue dans mon esprit, et y élut refuge. Ambigual, pressentant que je ne remplirai jamais la mission qu’il me confia, envoya Angzu par une sombre après-midi d’hiver me pourchasser et lire dans mon esprit. En l’an deux précisément, Ambigual sut que je me dirigeais vers la cité de Tendir et se résigna à compter sur Angzu pour m’en empêcher.
En l’an trois, j’étais Angzu. J’eus beau me battre mais cet être sorti de l’enfer finit par posséder mon âme. Angzu ne vit que peu de temps sans se nourrir d’âmes de mortels. Je dus donc me rabattre sur les dizaines de paisibles voyageurs que je rencontrai le long de mon périple. Je dus, que Dieu me pardonne, semer mort et destruction. Au cours de mes brefs instants de lucidité, je me plaisais à entendre les récits des êtres de tous horizons que je rencontrai. C’est ce qui a empêché Angzu de me barrer définitivement la route. J’entendis la légende de Sorlak le sage. On me raconta qu’il pouvait apparaître de nuit dans les rêves des voyageurs se dirigeant vers Tendir, pour leur enseigner les codes de la terre des Hommes. J’entendis tellement de belles choses sur les feux de la cité qu’Angzu ne pouvait plus m’empêcher de marcher. Il devait se nourrir, je le nourrissais, et je marchais encore et encore.
C’est en l’an quatre que les vastes étendues de dunes et de roches du désert de Kalandra commencèrent à s’estomper pour laisser apparaître les premières traces de verdure. Le soleil commença à disparaître et les premiers nuages annonçant que ma route touchait à sa fin commencèrent à verser des gouttelettes nourricières sur mon corps asséché. Je bus, et il but avec moi. Je me nourris de maigres racines, et il se nourrit avec moi.
Cinq années.
En l’an cinq, il mourut. J’étais à 20 kilomètres à l’ouest de la terre des Hommes et je voyais déjà la tour, encore plus belle que dans mes rêves, bleue. Sa lumière éclairait les terres à la maigre végétation qui annonçaient la fin imminente du périple dans le désert de Kalandra. Cette nuit-là je dormis profondément. Au petit matin, Sorlak fit son apparition, et balaya d’un revers de main Angzu, chairs et âme. Il était là, me regarda et me dit ce que vous savez. De son doigt il me montra la direction d’un champ de fleurs dont je pouvais difficilement discerner la couleur dans la pénombre de ce désert sans soleil. Dans ce champ je me suis retrouvé, accroupi, souriant en tenant la tige d’une tulipe, et humant avec délectation son odeur. Je me regardai, je me compris, je me levai et me suivis.
Enfin fusionné avec moi-même, je voyais enfin Tendir jaillir telle un diamant au milieu de ces sables piétinés, je voyais enfin la terre des Hommes, j’étais entier, je courais vers les portes blanches de la cité de la vierge dorée et je riais, riais…
19:33 Publié dans Storiam | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Drama Queens
Ca me tue que tu croies que tout t'est dû. Toi toi... et celles qui te ressemblent. Oui, elles qui croient qu'en bougeant leur bassin, elles dessinent l'histoire de l'humanité.
Ces femmes-là, qui passent leurs nuits à pleurer, parce qu'elles ont trop refusé le bonheur offert à elles, parce qu'elles veulent dessiner, comme le Dieu des chrétiens, l'homme à leur image. Elles se sont trompées.
Qu'ont-elles à offrir de plus que les autres? Telle est la question que je me pose. Rongées par leurs complexes enfouis, elles crachent le venin féminin en se regardant danser la salsa. Un pas puis un autre à la recherche du regard qui les désire. Car elles se regardent tout le temps. Elles ont une flopée de caméras autour d’elles, et s’observent vivre. Elles écrivent le scénario de leur vie, et le jouent. Elles sont le personnage principal de leur blockbuster. Mieux encore, elles écrivent le rôle des autres, et se crispent, sont dérangées, obsédées par ces minables acteurs qui commencent à improviser, qui commencent à se mettre dans la peau de personnages différents de ceux qu’elles le leur ont écrit. Puis elles pleurent de grosses larmes en se regardant pleurer de grosses larmes, se disent qu’elles sont les victimes de leur destin, qu’elles sont condamnées au malheur éternel. Elles ne croient pas si bien dire.
Elles bâtissent des montagnes sur les mots des hommes, des mots qu’elles provoquent elles-mêmes, des mots écrits dans leur script, pour se sentir aimées et désirées. Un « je t’aime » attendant un « moi aussi ». Un « tu as envie de moi ? » attendant un « Oui j’ai envie de toi », un « Je n’aime pas ci » et un « je n’aime pas ça ». Pour elles, les hommes sont un kit de vibrations, avec plus ou moins d’options. Elles veulent simplement faire le cumul des options qu’elles préfèrent. « Lui il me fait rire, mais il n’est pas très intelligent, par contre, lui, il est très intelligent mais Dieu qu’il est chiant. Tu me vois à une soirée avec un mort à mes bras ? ». Non. Je ne te vois pas, et personne ne te voit. C’est simplement toi qui n’arrête pas de te voir. Comme ces femmes cherchent à faire correspondre un scénario à la réalité, comme elles considèrent les autres uniquement par leur capacités à leur fournir des émotions, elles trouvent le monde d’un formidable ennui, car pour elles, les hommes et les expériences sont pareils en tant que tels, ils diffèrent simplement par ce qu’ils donnent à l’écran.
Elles savent bien qu’elles créent un scénario. Elles le savent très bien. Ce qui les fait tenir, c’est qu’elles croient qu’il peut réellement se réaliser, parce que souvent, lorsqu’elles titillent l’égo des hommes, ceux-ci deviennent obsédés, et entrent dans le côté malsain de leur jeu de rôles. Elles inspirent un profond désir de possession, qui une fois assouvi, n’a plus lieu d’être. Le malheur frappe ainsi régulièrement à leur porte, et sur une musique de violon, composée par leur imaginaire fleuri, elles pleurent encore, et se regardent encore pleurer.
Je ne vous dois donc rien, femmes. Arrêtez donc de provoquer mon égo et de vouloir me faire croire à vos illusions. Je ne suis pas à l’écran. Je ne suis pas celui avec lequel vous prendrez des poses au photomaton pour nourrir vos monstres avides de souvenirs, ni celui qui vous offrira des cadeaux que vous placerez dans vos armoires à amours vengeurs, pour les comparer aux autres.
Je suis triste de vous dire, vous, que vous n’avez de différent des autres qu’un instrument de torture qui vous écartèle et vous empêche de respirer, et qui crée de faux sentiments chez vos acteurs, sentiments qui s’évanouissent au premier coup de vent. Vous pleurez, et vous pleurerez encore. Débranchez donc tous ces câbles, et commencez donc à vivre le jour.
Donnez pour exister. Donnez donc un gramme de sentiments. Votre corps et votre air d’ange plein de malice, appât pour le passant, n’est que le reflet criant et hystérique du vide de votre vie aux passions artificielles. Donnez donc mieux, donnez donc de vous, garces, pour pouvoir espérer toucher le vrai, l’essence de votre existence.

Vous pouvez penser que je n’en dis pas assez. Vous pouvez penser que j’en dis trop. Vous pouvez penser que je souffre de vous voir exister parce que je suis tellement attiré par vous, car en manque de défis, car égocentrique, car égoïste. Vous pouvez aussi simplement vous dire que je suis aigri, et vous auriez raison.
15:35 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.09.2008
Petite valse de l'amour et du regret
Renier et enterrer. Enterrer et déterrer. Déterrer et mâcher. Mâcher et remâcher. Remâcher et cracher. Cracher et vomir. Vomir pour dormir. Dormir pour renier. Renier et enterrer.
Dans cette misérable ronde, nous tournons, toi et moi, au son d'une valse électrique. Nous dansons. Je bouge comme une planche en bois, et tu te meus comme un chandelier éteint. Nous dansons la danse des regards et du mensonge, du secret tapi dans l'ombre, yeux rouges de sang qui nous épient. A chaque pas que nous faisons, nous regardons notre public assoiffé de sensations avec l'air de dire : "Vous êtes ravis? Etes-vous ravis? Criez que vous êtes ravis!"
Après de longues heures à danser comme des fous furieux, nous nous regardons, nous nous jugeonsjaugeonscalculonspesonsaimonsbaisonsvomissons, puis nous dormons pour renier. Renier et enterrer. Enterrer puis déterrer pour mâcher, remâcher, cracher, et re-re-vomir, et re-re-re-re-dormir pour rêver, rêver d'avoir renié et enterré.
J'ai déjà donné. J'ai déjà donné. Je ne veux plus t'écouter. Je veux écraser tout le passé. Je ne veux plus entendre ta voix froide juger, jauger, comparer. Je ne veux plus laisser mon esprit s'aventurer dans mes chemins traversés, pour ne voir aucune ombre, aucun nuage à ce ciel bleu argenté.
Mais demain, quand je me réveillerai, je voudrai tout posséder, tout écouter, je voudrai m'écraser sur ta masse de regrets, et d'un geste tout effacer.
Le temps d'une nuit encore, laisse nous renier. Renier et enterrer. Enterrer et déterrer. Déterrer et mâcher. Mâcher et remâcher. Remâcher et cracher. Cracher et vomir. Vomir pour dormir. Dormir. Dormir et rêver de ce lendemain, à n'en plus finir.

17:18 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.09.2008
Nostalgia
Pour les nostalgiques, et pour moi, tout aussi nostalgique, je poste ces deux textes, fruits de mes pics en pointe de sabre. Je remets en ligne des instants capturés de mon mur des lamentations passées. J’ai choisi ces deux textes parce que je me rappelle exactement des circonstances dans lesquelles je les ai écrits, et aussi parce qu’une partie de ces textes reste d’actualité, encore aujourd’hui. Je ne peux dire si les circonstances de ces textes m’ont vraiment marquées, mais l’essentiel est que je m’en rappelle. Après tout, l’oubli n’est pas forcément une très bonne chose. Toi qui m’écoutes, es-tu d’accord ?
SORTIR
"Attends attends! Elle est où la sortie? Dis. Mais allez sois gentil! Dis-moi! La sortie elle est où? Ah! Elle est là! Bon je te laisse! Je m'en fous si c'est une sortie de secours où une sortie tout court! Les conséquences n'ont aucune importance! L'important est de sortir!
Pourquoi? Parce que dehors il y a de l'air! Et dedans il y en a aussi me diras-tu... Oui effectivement. Mais je ne sais pas le respirer cet air. L'air
je
le connais
bien
dehors.
Je sais le respirer. Il est un peu
fade
mais passe parfaitement dans mes poumons.
De toutes les façons je ne tarderai pas à revenir tu sais. Parce que je ne peux pas
survivre
l o n g t em p s dehors, et qu'il m'arrive souvent d'être
appelé
à revenirrrrrrrr. Je ne p-p-peux pas résister éternellement. C'est ce qui m'a poussé à entrer
la d e r n i è r e
fois tu le sais. Mais là il faut que je sorte.
J'ai développé une allergie à l'air dès qu'il commence à sentir mauvais. Et là il faut absolument que je sorte.
Tu diras au revoir à tout le monde de ma part. Je reviendrai vite, je reviendrai dès que j'aurai froid. Ne vous inquiétez pas pour moi. Mais il faudra
a é r e r.
Mais je suis sûr que comme toujours, l'air tournera. "
(Sorti en courant)
AFFREUX, SALE ET MECHANT
Tu es décidément une belle enflure. Belle dans le sens ‘cas spécial à étudier si on a le cœur bien accroché’. Une belle enflure débordant de pus et de sang et sentant la mort que je te souhaite ardemment.
A te voir déambuler, errer dans les couloirs sombres de ta vie on a presque pitié de toi. Je dis presque car il n’est d’âme assez charitable et généreuse pour ressentir ne serait-ce qu’une once de compassion pour un être aussi minable et sans cœur que toi.
A te voir marcher, boitant, bouche bée, vers je ne sais quelle destination où tu déverseras ton abominable stupidité, je plains d’avance les gens que tu rencontreras, je les plains de devoir voir ton allure répugnante, et surtout de devoir entendre ta voix de castrat débiter je ne sais quelle idiotie sortant de je ne sais quel guide de non-savoir-vivre.
Tu es affreux, sale, et méchant, comme dirait le titre du film.
Tu n’es pas un animal.
Tu serais mis au ban de n’importe quelle espèce vivante. Tu serais la honte du règne animal par ta couardise et ton absence de sociabilité. Si tu étais un animal, tu ne survivrais pas une heure dans ce monde, tellement tu attiserais la haine chez tes semblables, par ta médiocrité et ta lâcheté.
Je me ferais même insulter par les militants pour la nature en te traitant de babouin, bien que tu y ressembles… Les babouins, eux au moins, vivent ensemble en harmonie, fondent des familles et s’affectionnent, chose dont tu ne seras jamais capable dans cette vie.
Affreux, sale et méchant.
Sac à merde. Regarde-moi dans les yeux ! Réveille ton regard vide et éteint l’espace de deux secondes, rien que pour voir à quel point je te hais. Je sais que tu n’en auras ni la force ni le courage.
Tu es un faible. Une raclure de bidet d’un motel à putes perdu.
Sache, si ton esprit étroit et sans lumière est en mesure de savoir quoique ce soit, qu’il n’est rien de plus dangereux que le con qui ne sait pas qu’il l’est. Et tu es dangereux. A ta place, j’aurais au moins la présence d’esprit de mettre fin à mes tristes jours, et je sortirais de cette vie par la petite porte de service par laquelle je suis entré. Si un jour un élan de lucidité te frappe, te disant de le faire, n’hésite pas à me faire signe pour t’aider.
Tu es la seule personne qui réveille l’être sadique qui sommeille en moi. Et ce que cet être souhaite en te voyant, c’est de te voir pourrir dans une cellule sombre comme ton être, sodomisé jusqu’à la mort par des monstres venus de l’enfer pour t’y ramener. Car telle est ta place.
Et le jour de ta mort, je danserai sur ta tombe, et je prierai pour ton supplice éternel.
18:41 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.09.2008
Parabol(a)
"So familiar, and overwhelmingly warm. This one this form I hold now. Embracing you, this reality here. This one, this form I hold now. WIDE eyes and HOPEFUL. WIDE eyed and hopefully WILD.
We barely remember, what came before this precious moment. We are choosing to be here. Right now. Hold on. Stay inside.
This body holding me, reminding me that I am not alone in... this body makes feel ETERNAL, all this pain is an ILLUSION."

18:02 Publié dans Auriculo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.07.2008
To
Sand affi lem. Jintu kan san to. Pur marast fur to.
Je parle je parle et tu ne me comprends pas. Je vais pleurer et crier et dire, comme un enfant de douze ans, que je suis incompris, sarli.
Je veux dire tellement de choses, ma rose. Filisan to man. Je ne sais pas comment m'exprimer, ioné.
Quand on ne peut que sentir, que les mots n'atteignent plus la bouche, quand le verbe reste dans le thorax emprisonné, je suis comme une larve de fourmi, si inerte et si pleine de vie, ini.
Sar nal mati gur tand'ini? Hein? Dis.
Les jours défilent, ainsi défile la vie. Le temps passe, konas. Dans mon délire j'entrevois du bleu, j'en suis sûr. Dans mes rêves, des images vieilles de quinze années, nraäné, des tigres me courant après, nraäné, et je ne peux rien dire. Un homme me poignarde le dos, puis tente de me trancher la gorge, et tout ce que je trouve à débiter, aramné, c'est "porge! isni ma sanyu to!". C'est pénible.
Je vais dormir, pour lui faire face à nouveau.
19:55 Publié dans Machina | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.06.2008
Injection intraveineuse d'accusateur (Le cactus)
(Dans ce qui suit, il y a un axe de symétrie, l'injection d'un personnage dans l'autre étant bidirectionnelle).
Putain de merde que ça pique! Aïe! Merde putain de cactus à la con! Ca fait vraiment mal cette saloperie. Je me suis ramassé toutes les épines d'un coup là. Ca me fout les larmes aux yeux et maintenant tu chiales petit con, tu chiales après tout ce que tu m'as fait subir je peux plus m'asseoir. Parce que, détail intéressant, je me suis assis dessus, comme ça, sans avoir pu fermer hermétiquement ta gueule pour une fois dans ta vie rien vu. Il faut dire que je suis assez distrait dans mon genre, il m'arrive souvent de blesser les êtres les plus proches de toi me retrouver dans les situations les plus incommodantes à force de rêvasser. Maintenant j'ai une dizaine d'épines dans le cul et une éternité à t'en vouloir il ne sera pas facile de les enlever. Je vais essayer d'être moins pathétique et de me foutre la paix de me dégoter un miroir que je puisse les arracher, je me vois tout de même pas demander mon pardon ça à ma copine, ce serait pas terrible.
(Cactus il pique il pique il pique il fait mal cactus il pique il pique. J'ai le coeur tordu par la main de l'accusateur injecté en moi. J'ai le corps en miettes et des épines sur les arcades. J'ai des fourmilières dans les jambes et des veines qui éclatent dans les yeux. J'ai des hyènes dans mes entrailles, et des bouts de cheveux sur la langue, au goût amer de culpabilité. Le sabre de cruauté est planté dans mon crâne, et me parcourt de haut en bas... Mon nombril dégouline de pus.)
Encore une... encore une fois et je t'efface et je n'en aurai plus.

17:02 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
23.06.2008
Les courbes pointées (Simple man)
J’ai cette chanson de Lynyrd Skynyrd qui me trotte dans la tête depuis des jours. Peut-être parce que je suis au milieu de tout et en même temps loin de tout. Peut-être parce que je n’arrête jamais de réfléchir, et peut-être parce que je devrais.
Dans ma tête elle résonne. Elle est simple comme son nom, ce qui lui donne une beauté qui me touche. Ses mots me parlent. A l’écouter dans la rue, dans la foule amassée, entassée dans les transports en commun, à l’écouter la tête pleine de tout ce qui peut exister, les pensées confuses, entremêlées dans un mikado géant de choix et de désillusions, je me surprends à rêver à une vie meilleure. Encore mieux, je me surprends à rêver à une vie sans complications, sans arrière-pensées, sans second degré, sans troisième degré, sans sinuosités. Si simple. Si tout pouvait être aussi évident. J’aimerais voir le jour où je pourrai m’abstenir de réfléchir, de me tordre les méninges pour rien ou pas grand-chose. J’aimerais tellement le voir ce jour-là.
Je ne sais pas d’où vient celui qui la chante, quoique quelque chose me dit que ça doit être un coin de campagne au fin fond de l’Alabama. Moi je viens d’une nébuleuse, et j’ai coupé mes racines pour les planter dans une autre nébuleuse. Pourtant, j’aimerais bien me comprendre, être un peu plus simple que cela. Je ne pense pas avoir déjà été aussi certain d’être d’une si grande et si vaine complication.
Le pire est que je dois me poser un millier de questions concernant ce sujet même, et que pour aller vers la simplicité, le chemin est parsemé de beaux et gros obstacles. Pour aller vers la légèreté de Kundera, le chemin est parsemé de pesanteur de Kundera.
Je pense que plein de gens, et j’en fais partie, ont déjà souhaité d’être parmi les « imbéciles heureux », loin d’être au courant de ce qui fait leur bonheur, loin de savoir ce qu’ils sont, et pas encore certains de savoir ce qu’ils font, ni pourquoi ils le font. Plein de gens se sont posé la question : à quoi bon se torturer tant que le bonheur y est ? Plein de gens ont aussi eu la chance de ne jamais avoir à se poser cette question. Et c’est bien ce qui fait la différence, parce qu’à partir du moment où les questions commencent à fuser, il commence à être légitime de tirer un trait sur la simplicité.
Je m’y suis résigné. Ce que je cherche en revanche, c’est de trouver un compromis. Un petit havre de paix dans un monde de ponctuations curvilignes pointées. Une petite bulle d’eau chaude, une pause utérine dans le désordre perpétuel. Ce que je voudrais, c’est avoir le choix. C’est ambitieux, n’est-ce pas ?
A écouter ce bon vieux Lynyrd raconter les derniers ( ?) mots de sa mère, je me dis que cette bonne femme du fin fond de l’Alabama avait probablement compris des choses que j’ai toujours refusé d’écouter. Elle doit en avoir vu des choses aussi… « Be a simple kind of man, be something you love and understand » qu’il chantait. Pourquoi pas ? Pourquoi le bon mot ? Pourquoi la bonne réflexion et la bonne phrase ? Pourquoi la bonne impression ? Pourquoi vouloir savoir autant de choses ? Pourquoi vouloir s’emboîter, coller à toutes les situations, et donc forcément à des situations qui incommodent, au point de s’abandonner loin derrière, et de ne jamais se retrouver ?
Quand une feuille d’arbre se balançant au gré du vent suscite en moi un essaim d’interrogations, comment puis-je faire pour être un homme simple ? Rien que ce que tu viens de lire, c’est une question, ce qui résume tout.
23:18 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.06.2008
La boule de beauté
(1)
Inébranlable boule de beauté, je ne peux te contourner sans être happé, subjugué tel Ulysse par ton chant sans sens. Et là, point de marins pour me retenir, point de corde ni de mât.
Tu es une bâtisse étrange. Une œuvre d’un architecte tordu, personne ne sait ce que tu contiens, mais personne ne peut éviter ce que tu dégages. Tu rayonnes, et ta lumière aveuglante est un leurre pour le passant, qui ne peut discerner tes formes et qui s’en va errant, frappé de cécité, trébuchant, trouver son dernier refuge. J’ai choisi de fermer les yeux, mais mes oreilles t’écoutent divaguer, et mes sens te ressentent exister. Je te sens, inébranlable boule de beauté. Tu me supplies, tu es à terre, et tu pleures de chaudes larmes de sang. Dieu que tu veux être transpercée !
(2)
Tu es la sorcière mal-aimée, tu es la proie de toi-même, tu es l’ombre de la proie de toi-même, tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même. Te plais-tu à vouloir être la terreur de l’Ouest ? Penses-tu réellement que tu n’es pas faite de chair et de sang ? Penses-tu réellement que tu n’es pas qu’une bête humaine comme les milliards d’autres, errant sur terre à la recherche des plaisirs de la chair ? Tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même, inébranlable femme.
Tu es un objet. Ne penses-tu pas que cela est une évidence ? Tu es l’instrument de ta vie. Tu es un minuscule bateau de bois sans rames ni voile appartenant à un pêcheur au nom oublié par sa propre mère, et tu combats les vagues du Pacifique. « Je possède le Pacifique. L’océan c’est moi. J’aime à penser que cette vague est ma préférée. J’aime à penser que cette autre est mon amie. » Ta coque ne peut que faillir. Ne sens-tu pas que tes poumons sont déjà pleins d’eau salée ? Tu empestes la mer, tu pues l’anchois, tu es déjà sous l’eau, et tu te noies.
Tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même. Et qu’est-ce qu’une ombre si ce n’est une absence de lumière ? Une ombre, ce n’est rien, inébranlable femme.
(3)
Merveilleux corps céleste, que fais-tu ? Que fais-tu ici ? Pourquoi es-tu là, tel l’albatros de Baudelaire, te débattant en vain sur les planches d’un vieux bateau ? Pourquoi es-tu là ? Météorite fumant, autrefois exauçant les vœux et parsemant de flammes ton chemin radieux, tu n’es maintenant qu’un vulgaire caillou écrasé, troué de toutes part, semant la destruction et dégageant les flammes de l’enfer.
Merveilleux corps céleste, tu serais tellement beau dans le ciel, au plus profond de l’espace.
Tu serais si belle là où tu devrais être. Tu le sais.
23:28 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.06.2008
Si tu savais...
Aujourd'hui c'est la fête de la musique. Musique! Je suis à Paris. Paris! Quel beau tableau n'est-ce pas? Paris, ville d'art et de culture. Ville des lumières, des feux de la rampe, ville d'amour de bonheur, de fougueux baisers éclairés par le reflet de la tour Eiffel by night sur la Seine by night. Paris, Paris, musique... musique...
(une larme coule le long de ma joue)
Avec un peu de chance, peut-être verrons nous un beau feu d'artifice ce soir! Une belle explosion de lumières que de fins techniciens ont mis en oeuvre pour ravir nos regards. Il y aura du jaune, du bleu, du vert et du rouge. Du rouge... et ... et il y aura plein de choses merveilleuses, des musiciens, des danseurs... La rue sera tellement belle si tu savais. Les gens seront tous heureux, il danseront et chanteront à tue-tête jusqu'au petit matin! Ca va être tellement bien! On sera tellement heureux, si tu savais... si tu savais...
(une petite danse? une danse ma belle?)
Des années que je rêve d'être ici, dans le plus bel endroit du monde. Des années entières à attendre de voir la lumière. Maintenant je suis ébloui, et mon coeur bat tellement fort! Tellement fort! J'ai de l'émotion à n'en plus pouvoir, à n'en plus pouvoir mon ange! Je ressens toute la magie du lieu, je m'accroche à chaque parcelle de terre, j'embrasse le bitume, j'embrasse le chemin qui m'a mené ici, après des années d'errance, et je t'embrasse toi je t'embrasse je t'embrasse encore... encore et encore et encore et encore et encore...
(A six heures on sera tous les deux, à six heures on sera seuls)
Haha ! Quelle divine sensation! Divine! Divine!
(Casse-toi! Pars espèce d'enfoiré! Espèce de merde! Pars et que je ne te revoie plus jamais! Je n'aurai de répit que le jour où tu ne seras plus, pourriture! Pars et ne te retourne pas, car dans ton dos, je n'aurais pas d'âme à te poignarder...)
Je vais mettre de la musique pour commencer à ressentir l'ambiance, et je vais la mettre très fort, très très fort, si tu savais...

14:51 Publié dans Marduk | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



