27.06.2008
Injection intraveineuse d'accusateur (Le cactus)
(Dans ce qui suit, il y a un axe de symétrie, l'injection d'un personnage dans l'autre étant bidirectionnelle).
Putain de merde que ça pique! Aïe! Merde putain de cactus à la con! Ca fait vraiment mal cette saloperie. Je me suis ramassé toutes les épines d'un coup là. Ca me fout les larmes aux yeux et maintenant tu chiales petit con, tu chiales après tout ce que tu m'as fait subir je peux plus m'asseoir. Parce que, détail intéressant, je me suis assis dessus, comme ça, sans avoir pu fermer hermétiquement ta gueule pour une fois dans ta vie rien vu. Il faut dire que je suis assez distrait dans mon genre, il m'arrive souvent de blesser les êtres les plus proches de toi me retrouver dans les situations les plus incommodantes à force de rêvasser. Maintenant j'ai une dizaine d'épines dans le cul et une éternité à t'en vouloir il ne sera pas facile de les enlever. Je vais essayer d'être moins pathétique et de me foutre la paix de me dégoter un miroir que je puisse les arracher, je me vois tout de même pas demander mon pardon ça à ma copine, ce serait pas terrible.
(Cactus il pique il pique il pique il fait mal cactus il pique il pique. J'ai le coeur tordu par la main de l'accusateur injecté en moi. J'ai le corps en miettes et des épines sur les arcades. J'ai des fourmilières dans les jambes et des veines qui éclatent dans les yeux. J'ai des hyènes dans mes entrailles, et des bouts de cheveux sur la langue, au goût amer de culpabilité. Le sabre de cruauté est planté dans mon crâne, et me parcourt de haut en bas... Mon nombril dégouline de pus.)
Encore une... encore une fois et je t'efface et je n'en aurai plus.

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23.06.2008
Les courbes pointées (Simple man)
J’ai cette chanson de Lynyrd Skynyrd qui me trotte dans la tête depuis des jours. Peut-être parce que je suis au milieu de tout et en même temps loin de tout. Peut-être parce que je n’arrête jamais de réfléchir, et peut-être parce que je devrais.
Dans ma tête elle résonne. Elle est simple comme son nom, ce qui lui donne une beauté qui me touche. Ses mots me parlent. A l’écouter dans la rue, dans la foule amassée, entassée dans les transports en commun, à l’écouter la tête pleine de tout ce qui peut exister, les pensées confuses, entremêlées dans un mikado géant de choix et de désillusions, je me surprends à rêver à une vie meilleure. Encore mieux, je me surprends à rêver à une vie sans complications, sans arrière-pensées, sans second degré, sans troisième degré, sans sinuosités. Si simple. Si tout pouvait être aussi évident. J’aimerais voir le jour où je pourrai m’abstenir de réfléchir, de me tordre les méninges pour rien ou pas grand-chose. J’aimerais tellement le voir ce jour-là.
Je ne sais pas d’où vient celui qui la chante, quoique quelque chose me dit que ça doit être un coin de campagne au fin fond de l’Alabama. Moi je viens d’une nébuleuse, et j’ai coupé mes racines pour les planter dans une autre nébuleuse. Pourtant, j’aimerais bien me comprendre, être un peu plus simple que cela. Je ne pense pas avoir déjà été aussi certain d’être d’une si grande et si vaine complication.
Le pire est que je dois me poser un millier de questions concernant ce sujet même, et que pour aller vers la simplicité, le chemin est parsemé de beaux et gros obstacles. Pour aller vers la légèreté de Kundera, le chemin est parsemé de pesanteur de Kundera.
Je pense que plein de gens, et j’en fais partie, ont déjà souhaité d’être parmi les « imbéciles heureux », loin d’être au courant de ce qui fait leur bonheur, loin de savoir ce qu’ils sont, et pas encore certains de savoir ce qu’ils font, ni pourquoi ils le font. Plein de gens se sont posé la question : à quoi bon se torturer tant que le bonheur y est ? Plein de gens ont aussi eu la chance de ne jamais avoir à se poser cette question. Et c’est bien ce qui fait la différence, parce qu’à partir du moment où les questions commencent à fuser, il commence à être légitime de tirer un trait sur la simplicité.
Je m’y suis résigné. Ce que je cherche en revanche, c’est de trouver un compromis. Un petit havre de paix dans un monde de ponctuations curvilignes pointées. Une petite bulle d’eau chaude, une pause utérine dans le désordre perpétuel. Ce que je voudrais, c’est avoir le choix. C’est ambitieux, n’est-ce pas ?
A écouter ce bon vieux Lynyrd raconter les derniers ( ?) mots de sa mère, je me dis que cette bonne femme du fin fond de l’Alabama avait probablement compris des choses que j’ai toujours refusé d’écouter. Elle doit en avoir vu des choses aussi… « Be a simple kind of man, be something you love and understand » qu’il chantait. Pourquoi pas ? Pourquoi le bon mot ? Pourquoi la bonne réflexion et la bonne phrase ? Pourquoi la bonne impression ? Pourquoi vouloir savoir autant de choses ? Pourquoi vouloir s’emboîter, coller à toutes les situations, et donc forcément à des situations qui incommodent, au point de s’abandonner loin derrière, et de ne jamais se retrouver ?
Quand une feuille d’arbre se balançant au gré du vent suscite en moi un essaim d’interrogations, comment puis-je faire pour être un homme simple ? Rien que ce que tu viens de lire, c’est une question, ce qui résume tout.
23:18 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22.06.2008
La boule de beauté
(1)
Inébranlable boule de beauté, je ne peux te contourner sans être happé, subjugué tel Ulysse par ton chant sans sens. Et là, point de marins pour me retenir, point de corde ni de mât.
Tu es une bâtisse étrange. Une œuvre d’un architecte tordu, personne ne sait ce que tu contiens, mais personne ne peut éviter ce que tu dégages. Tu rayonnes, et ta lumière aveuglante est un leurre pour le passant, qui ne peut discerner tes formes et qui s’en va errant, frappé de cécité, trébuchant, trouver son dernier refuge. J’ai choisi de fermer les yeux, mais mes oreilles t’écoutent divaguer, et mes sens te ressentent exister. Je te sens, inébranlable boule de beauté. Tu me supplies, tu es à terre, et tu pleures de chaudes larmes de sang. Dieu que tu veux être transpercée !
(2)
Tu es la sorcière mal-aimée, tu es la proie de toi-même, tu es l’ombre de la proie de toi-même, tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même. Te plais-tu à vouloir être la terreur de l’Ouest ? Penses-tu réellement que tu n’es pas faite de chair et de sang ? Penses-tu réellement que tu n’es pas qu’une bête humaine comme les milliards d’autres, errant sur terre à la recherche des plaisirs de la chair ? Tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même, inébranlable femme.
Tu es un objet. Ne penses-tu pas que cela est une évidence ? Tu es l’instrument de ta vie. Tu es un minuscule bateau de bois sans rames ni voile appartenant à un pêcheur au nom oublié par sa propre mère, et tu combats les vagues du Pacifique. « Je possède le Pacifique. L’océan c’est moi. J’aime à penser que cette vague est ma préférée. J’aime à penser que cette autre est mon amie. » Ta coque ne peut que faillir. Ne sens-tu pas que tes poumons sont déjà pleins d’eau salée ? Tu empestes la mer, tu pues l’anchois, tu es déjà sous l’eau, et tu te noies.
Tu es l’ombre du museau de la proie de toi-même. Et qu’est-ce qu’une ombre si ce n’est une absence de lumière ? Une ombre, ce n’est rien, inébranlable femme.
(3)
Merveilleux corps céleste, que fais-tu ? Que fais-tu ici ? Pourquoi es-tu là, tel l’albatros de Baudelaire, te débattant en vain sur les planches d’un vieux bateau ? Pourquoi es-tu là ? Météorite fumant, autrefois exauçant les vœux et parsemant de flammes ton chemin radieux, tu n’es maintenant qu’un vulgaire caillou écrasé, troué de toutes part, semant la destruction et dégageant les flammes de l’enfer.
Merveilleux corps céleste, tu serais tellement beau dans le ciel, au plus profond de l’espace.
Tu serais si belle là où tu devrais être. Tu le sais.
23:28 Publié dans Cuorem | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.06.2008
Si tu savais...
Aujourd'hui c'est la fête de la musique. Musique! Je suis à Paris. Paris! Quel beau tableau n'est-ce pas? Paris, ville d'art et de culture. Ville des lumières, des feux de la rampe, ville d'amour de bonheur, de fougueux baisers éclairés par le reflet de la tour Eiffel by night sur la Seine by night. Paris, Paris, musique... musique...
(une larme coule le long de ma joue)
Avec un peu de chance, peut-être verrons nous un beau feu d'artifice ce soir! Une belle explosion de lumières que de fins techniciens ont mis en oeuvre pour ravir nos regards. Il y aura du jaune, du bleu, du vert et du rouge. Du rouge... et ... et il y aura plein de choses merveilleuses, des musiciens, des danseurs... La rue sera tellement belle si tu savais. Les gens seront tous heureux, il danseront et chanteront à tue-tête jusqu'au petit matin! Ca va être tellement bien! On sera tellement heureux, si tu savais... si tu savais...
(une petite danse? une danse ma belle?)
Des années que je rêve d'être ici, dans le plus bel endroit du monde. Des années entières à attendre de voir la lumière. Maintenant je suis ébloui, et mon coeur bat tellement fort! Tellement fort! J'ai de l'émotion à n'en plus pouvoir, à n'en plus pouvoir mon ange! Je ressens toute la magie du lieu, je m'accroche à chaque parcelle de terre, j'embrasse le bitume, j'embrasse le chemin qui m'a mené ici, après des années d'errance, et je t'embrasse toi je t'embrasse je t'embrasse encore... encore et encore et encore et encore et encore...
(A six heures on sera tous les deux, à six heures on sera seuls)
Haha ! Quelle divine sensation! Divine! Divine!
(Casse-toi! Pars espèce d'enfoiré! Espèce de merde! Pars et que je ne te revoie plus jamais! Je n'aurai de répit que le jour où tu ne seras plus, pourriture! Pars et ne te retourne pas, car dans ton dos, je n'aurais pas d'âme à te poignarder...)
Je vais mettre de la musique pour commencer à ressentir l'ambiance, et je vais la mettre très fort, très très fort, si tu savais...

14:51 Publié dans Marduk | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.06.2008
L'eau gazeuse
Il n'y a pas de bulles dans l'eau gazeuse, comme dans mon esprit. Il y a des impuretés dans l'eau gazeuse qui créent l'effervescence, comme dans mon esprit. Essaye de mettre du sucre dans l'eau gazeuse et tu verras, elle deviendra aussitôt écumeuse, tu ne pourras rien en retirer, comme de mon esprit.

21:23 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Sorlak
Peut-être que je me suis mal exprimé. Ou trop bien, je ne sais pas. De toutes les façons je n'ai pas l'impression que tu m'aies compris. Ce que je sais, ce dont je suis sûr, c'est qu'à un instant précis, je suis arrivé à déchaîner les flammes de l'enfer.
A un moment, je pense ne plus avoir été moi, mais un mélange d'acide sulfurique me suppliant de le laisser gicler le plus loin et le plus fort possible, et d'une carcasse irrépressiblement envoûtée par le besoin de le faire. Il faut dire que je ne suis pas fait que d'eau, mais je ne le savais malheureusement pas encore. A dix heures du matin, j'étais encore loin de m'imaginer que le ciel était si électrique qu'il aurait suffi d'un cri de moineau pour provoquer l'apocalypse.
Respire... A onze heures je n'avais que ce mot en tête, me le répétant sans cesse pour m'abrutir, pour lier mes poings et m'empêcher d'agir. Onze heures trente, je commençais à entendre d'autres voix, affreusement cyniques, se moquer de moi. Ce n'est que vers midi que j'ai entendu la voix de Sorlak le Sage, si puissante qu'elle avait fait taire toutes les autres. "OUI".
Dans ma tête, c'était comme si une baignoire pleine à ras-bord de merde et de vomi commençait à se vider à une vitesse inconnue des lois de la physique. Tout convergeait, le Sage a parlé, je suis la main du Sage. Tout était si limpide, tout était immaculé, aveuglant de blancheur. La main du Sage allait tomber de tout son poids sur la terre des mortels.
On m'a beaucoup parlé ce jour là. On m'a appelé, et certaines personnes m'ont vu. Je me rappelle avoir parlé à ma mère, ou peut-être était-ce ma soeur, je ne sais plus. J'ai vu quelques amis aussi, dont le nom m'échappe jusqu'à aujourd'hui. J'avais en tête l'obligation de flageller et de mordre pour sauver ma peau des griffes d'une mort atroce, et je l'ai fait.
Nuits noires s'en sont suivies. Nuits noires s'en sont suivies. Peut-être est-il temps de voir le jour. Ne penses-tu pas?
...22, 23, 24, 25, 26, 27, 28 ....

(Peut-être y a-t-il un message dans ce que l'on nous enseigne)
19:07 Publié dans Storiam | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.06.2008
Après le silence ...
... il est temps de parler.

15:30 Publié dans Elocus | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



